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Reggae , genre musical jamaïcain apparu à la fin des années 1960, issu de la fusion des musiques des Caraïbes et du rhythm and blues américain, et imprégné par la pensée mystique du rastafarisme.
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Le ska et le rock steady |
Les styles précurseurs du reggae, développés dès la fin des années 1950 en Jamaïque puis en Grande-Bretagne par les immigrants jamaïcains, sont le ska et le rock steady, encore relativement proches de leurs sources américaines.
Au milieu des années 1950, alors que l'île de la Jamaïque vibre au rythme chaloupé de la calypso et du mento forme dépouillée de la calypso , les vagues du rhythm and blues, du rock and roll et du doo-wap se répandent grâce aux sound systems, sonos mobiles animées par les disc-jockeys (ou DJs) locaux. De cette rencontre de la musique noire américaine avec les musiques antillaises naît le ska, genre caractérisé par un tempo rapide et une utilisation systématique de la guitare rythmique en contretemps. Ses principaux représentants sont The Skatalites de Don Drummond, Blue Rivers and the Maroons, Desmond Dekkers, dont la chanson « Israelites » connaît un succès international, tout comme le tube de la chanteuse Millie, « My Boy Lollipop ».
Le ska, symbole de l'indépendance jamaïcaine obtenue en 1962, donne naissance au rock steady, au tempo plus marqué, au rythme plus lent et où l'usage de la basse devient déterminant. À son apogée entre 1966 et 1968, le rock steady est illustré par les Wailers (au sein desquels officie Bob Marley), les Parangons, Alton Ellis et Ken Booth notamment.
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La naissance du reggae |
Vers la fin des années 1960, le reggae trouve sa forme définitive, découlant en droite ligne du ska et du rock steady. Plus lent encore que ce dernier, mais gagnant en souplesse et en vigueur, le reggae adopte un rythme saccadé (grâce à une batterie syncopée), accorde une place de choix à la basse, joue avec les silences et met l'accent, via la cymbale, sur le quatrième temps de la mesure. Le tout définit une pulsion rythmique difficilement définissable, mais immédiatement reconnaissable.
Le terme « reggae » est utilisé pour la première fois dans les chansons « Do the reggae » , écrite en 1968 par Toots, leader du groupe The Maytals, et « Regay » de Tommy McCook. Selon Toots, le terme viendrait de l'anglais regular people (« gens du peuple ») ou de raggedy (« déguenillé »). Une autre étymologie fait dériver le mot de l'argot jamaïcain steggae (« femme facile »).
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Un genre musical politique et mystique : l'impact du rastafarisme |
Expression de la population noire de la Jamaïque et notamment celle des ghettos, le reggae est, dès ses origines, porteur d'un message politique et religieux, le rastafarisme. Fondé par un Jamaïcain, Marcus Garvey, ce courant mystique connaît son véritable essor aux États-Unis ; prêchant le retour en Afrique de tous les descendants d'esclaves disséminés sur le continent américain, et situant la terre promise des Noirs africains en Éthiopie, le mouvement mêle pensée biblique et panafricanisme, et se donne comme messie l'empereur d'Éthiopie Hailé Sélassié I er , d'où le terme de rastafarisme ras tafari signifie « roi des rois » en amharique (langue officielle en Éthiopie). Surnommé Jah (pour Jehovah), le souverain est considéré comme le descendant direct de la lignée de Salomon et de la reine de Saba, et représente la branche noire des tribus d'Israël. L'oppression blanche est incarnée par Babylone la maléfique, et donne au reggae une dimension de rébellion qui entre en résonance avec les aspects subversifs inhérents au rock. Empreint de mysticisme, le reggae enflamme les bidonvilles de Trench Town et de Jones Town. Par la forme, il reprend souvent le dialogue entre le soliste et le chur, en vigueur dans les sermons du rastafarisme. S'appuyant également sur l'ancienne tradition de plainte des esclaves, le reggae traduit le mécontentement populaire.
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Bob Marley, principal artisan de l'avènement du reggae (années 1970) |
Vers 1972-1973, après une nouvelle mutation, le reggae connaît une vague d'interprètes sans précédent : Peter Tosh (ex-Wailers, le groupe de Bob Marley), Bunny Wailer, Douglas Mack, The Ethiopians, Burning Spear, Black Uhuru, Israel Vibrations, The Gladiators, Gregory Isaacs ou encore Horace Andy ...
En 1974, Eric Clapton atteint le sommet des hit-parades avec une reprise de Bob Marley, « I Shot the Sheriff ». Keith Richards, guitariste des Rolling Stones , revendique quant à lui ouvertement sa passion pour le reggae, tandis que les Clash , fers de lance de la scène punk londonienne, incorporent dans leur musique des éléments rythmiques dignes des formations reggae les plus traditionnelles ...
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Le reggae se décline en diverses ramifications (les années 1980) |
Survenue en 1981, la mort de Bob Marley annonce la naissance d'un sous-genre du reggae, le dub, qui trouve ses origines dans des pratiques musicales typiques de la Jamaïque ; pays pauvre où l'achat et la distribution de disques sont difficiles, le système des sono mobiles qui diffusent les dernières chansons à la mode s'y est aisément développé. Les morceaux sont présentés par des DJs qui deviennent rapidement des toasters (ou « tchatcheurs », ancêtres des rappeurs) en improvisant des rimes parlées-chantées sur les instrumentaux des faces B des 45 tours.
L'un des pionniers du genre est Lee Perry qui fait du dub synthèse d'instrumentaux et d'improvisations vocales une palette de techniques et d'expérimentations sonores : collage, reverb, scratch ( hip-hop ), accélération ou ralentissement du tempo, superposition de rythmes. Parmi les autres explorateurs du genre figurent U Roy, King Tubby et Mad Professor, qui a collaboré avec Massive Attack . L'influence des toasters et autres adeptes du dub devient prépondérante dans les années 1980, et le genre détrône le reggae « à l'ancienne » (root reggae), qui continue de payer son tribut aux idées de Marcus Garvey.
Le dub donne naissance à plusieurs avatars : le « dutty dub » (de dirty, « sale » en anglais), qui cultive les allusions salaces et pornographiques et la pose machiste ; le « raggamuffin » (mot signifiant garnement), intégré au hip-hop aux États-Unis, trouve une idole en la personne de Shabba Ranks. Les rappeurs du ragga se contentent le plus souvent de débiter très vite une avalanche de paroles sur des rythmes reggae, désormais issus de la révolution numérique. Autre épigone du ragga, le genre « slackness » tourne essentiellement autour du sexe avec une nouvelle génération d'interprètes comme Cobra, Cutty Ranks ou Shaggy.
Un revival (littéralement « renaissance ») ska important marque la fin des années 1970 en Angleterre, peu après l'explosion du mouvement punk. Les groupes les plus importants relevant de cette tendance sont The Specials, Madness, Selecter ou encore The English Beat.
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Plus directement influencés par le reggae « classique », des artistes et des groupes multiraciaux issus des ghettos jamaïcains anglais apparaissent sur la scène internationale : Steel Pulse et UB 40 cette dernière formation ayant multiplié les succès tout au long des années 1980.
Quant à Linton Kwesi Johnson, il est l'inventeur d'un genre de reggae à part, le dub poetry, rimé et soigneusement écrit (contrairement aux toasters ). Ce sociologue jamaïcain émigré à Londres dans les années 1970 milite pour les droits de l'homme sur une musique à la basse très lourde, et à la voix grave monocorde. L'album Forces of Victory (1979) est un excellent exemple de son art du groove (ou « rythme ») si particulier.
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Entre investigations musicales et héritage des pionniers (les années 1990) |
L'influence du reggae essaime à travers les différentes branches des musiques électroniques apparues dans les années 1980 et consacrées lors de la décennie suivante house, techno , jungle ; tous ces genres s'enracinent en effet, peu ou prou, dans des trouvailles rythmiques et des effets sonores expérimentés par les DJs jamaïcains. Quant au rap , il est directement issu des spécificités de la scène reggae, à savoir l'usage des sound systems et le rôle déterminant des toasters pionniers comme U Roy et King Tubby. Ces derniers, grands expérimentateurs de sons, chantent et improvisent des rimes sur des instrumentaux de reggae lors des bals populaires qui ont lieu quotidiennement sur l'île.
Le Ragga (« rag » = hardes) également appelé dancehall , est un genre musical issu du reggae et apparu en Jamaïque à la fin des années 1980 , caractérisé par une diction répétitive rappelant les toasters .
Raggamuffin : (« rag » = hardes, « muff » = empoté, bon à rien)
En argot jamaïcain, un petit « glandeur » et, par extension, un style de vie marginal, une façon d'être et de se comporter : un débrouillard qui galère mais qui restera honnête jusqu'au bout et fera tout pour s'en sortir sans jamais trahir personne.
Ce terme désigne donc à la fois une catégorie d'individu et un genre musical. Les « raggamuffin » jamaïcains autoproduisent leurs disques où ils commentent l'actualité, et les vendent de ville en ville. La foule se rassemble autour du sound system , la sono où le DJ s'exprime sur la musique du disque proposé à la vente, dans une diction qui peut parfois être ultra-rapide.
Le ragga comprends deux sous-catégories complémentaires : le slackness , aux textes paillards, voir sexistes, et le lover , plus romantique et pacifique.
Aujourd'hui, des figures telles que Karukera Sound System , Massilia Sound System , Raggasonic , les Voleurs de Poules , Saï Saï , Admiral T , Yaniss Odua , Tiwony , Féfé Typical incarnent ce style sur la scène française et en outre-mer. De l'autre côté de l'Atlantique, il y a aussi notamment Elephant Man , Beenie Man , Buju Banton
Durant l'été 2004 , la campagne Stop Murder Music est lancée par l' association britannique OutRage ! . Ulcéré par la multiplication des propos homophobes dans les titres dancehall jamaïcains, le collectif décide de mener la vie dure à 8 stars jamaïcaines : Beenie Man , Capleton , Sizzla , Vybz kartel , Buju Banton , Bounty Killer , TOK et Elephant Man .
Manifestations, boycotts et annulation de concerts se succèdent. Globalement les pertes pour l'industrie du dancehall sont estimées à 7,2 millions d'euros.
Les premiers enregistrements de reggae en Amérique latine ont été réalisés au Panama au milieu des années 1970 . Un grand nombre d'immigrés jamaïquains étaient arrivés pendant la construction du canal de Panama et ils ont apporté avec eux la musique reggae à la population locale.
En 1985 , le rappeur Vico C du Porto Rico a produit le premier disque de rap en langue espagnole . Ce sont les deux influences principales du genre, ainsi que les deux principaux pays producteurs . Les paroles, comme pour la plupart des musiques populaires de la classe ouvrière, elles sont souvent liées à la réalité de la rue, les malentendus, les situations injustes, l' amour , la fraude et la passion , et le racisme dans les villes.
Les différences les plus notables entre le Reggaeton et le Dancehall , à part l'inclusion de mélodies d'influences latines, est l'exclusion de la violence et de l' homophobie qui permet au Reggaeton un accès plus acceptable en terme de valeur morale. On remarque également plusieurs artistes féminins de Reggaeton qui sont autant respectées .
Le Reggaeton prend sa source en 1993 dans le Dem Bow , invention expérimentée sur des remix "spanish-reggae" par "El Chumbo" (Rodney S. Clark de son vrai nom), DJ et producteur désormais légendaire en Amérique du Sud . Le mot est un mot-valise , issu du mélange entre reggae et le mot espagnol maratón ( marathon ).
El Chumbo a produit un des premiers succès internationaux du Reggaeton : « Papi Chulo (te traigo el mmm) » par Lorna du Panama , tube de l'été 2003 .
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Le reggaeton comme mode de vie |
Le reggaeton est très populaire aux États-Unis en Floride , à New York , Boston , Chicago , et d'autres villes où la population de latinos est importante et où il y a une grande scène de clubs.
Le reggaetón explose comme un virus alors que paradoxalement peu de gens supportaient il y a une décade le genre alors relativement marginal des rapeurs. Cette perception change aujourd'hui radicalement. Des chaînes de télévision et de radio programment en continu du reggaetón. Il n'est pas rare aujourd'hui de rencontrer dans les méga-concerts une certaine élite sociale de yuppies ou de quadragénaires.
Certains antagonistes reprochent que le reggaetón tant diffusé dans les médias a un contenu explicitement sexuel, machiste , vulgaire, voire contraire aux bonne vies et moeurs, à quelques exceptions près. Le sexe devient commercial et que les maisons de production, El Perreo devient le style lascif le plus critiqué par les puritains de la morale, d'autres s'en prennent au jargon et ses expressions et le langage décalé, tels que par exemple Zúmbale mambo pa' que mi gata prendan los motores, que se preparen que lo que viene pa' que le den
.duro! , , les artistes, en sont parfaitement conscients. (voir lexique)
En 2004 , N.O.R.E. , Tego Calderón et Nina Sky ont remporté un grand succès avec « Oye mi canto », ainsi que Speedy et Lumidee : « Sientelo » et Daddy Yankee de Porto Rico avec « Gasolina ».
Des reggaetons chantés en français sont apparus en 2005 : Le Centre du Monde par Ze Pequeno et le duo Papa AP/Linda en espagnol et en français : Entre tu y yo (Entre toi et moi).
Des artistes de genres différents ont également chanté du reggaeton, pour profiter de la mode, comme Celia Cruz avec « La Negra tiene tumbao », Mey Vidal et El Medico avec « Better Than That », Shakira avec « La Tortura » ou encore Ricky Martin , avec « Drop it on me», duo avec Daddy Yankee.
En 2005 , les Billboard Latin Awards ont créé une nouvelle catégorie "Album reggaeton de l'année".
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